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Nuit du port. Et Mozambique remet le son |
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| Un échappé du Tour de France (dopé au plinn) s'est reconverti en pianiste des Trompettes du Mozambique. | |
Les Mozambiquais chauffent l'évêché à blanc
Ils sont 18, tous blancs, 100 % bretons, et mériteraient d'être noirs. La preuve, ils s'appellent Les Trompettes de la Mozambique et ont chauffé à blanc la cour de l'évêché, hier soir. C'est un drôle de groupe africain qui se produit là. D'ailleurs, très vite, en moins de 5 minutes, les quelques touristes qui se sont fourvoyés, traîtreusement trompés par l'appellation du groupe, ont tourné les talons. Les autres, tout aussi vite, n'ont pas tardé à se lever, battre des mains et à se lancer dans la danse. Le concert commence par un hommage aux pauvres petits blaireaux, si nombreux, à finir écrasés sur la route. Blaireaux ? ! ? On ne va pas tarder à comprendre... Hinault forever C'est du cuivre lourd, funky-groovy-jazzy-métal-machin-chose. Aux synthés, « Landrik Fourchu, de Kerfeunteun ! Dit : Landrik Fourchu ! » Et tout le monde applaudit. Faut dire qu'il est beau comme un coeur, Landrik, avec son maillot de jaune, toute la panoplie de coureur cycliste et la superbe écharpe-beurk-moumoute de l'équipe des supporteurs de Mantes. « C'est l'arrivée du Tour... », aurait apprécié Bashung, en connaisseur. D'ailleurs, arrive le reste de la bande. Ils sont en retard, mais ils ont une bonne excuse : le fond de la galaxie, c'est loin. Il y a le postier ; un Tyrolien rougeaud en culotte de peau, et puis, surtout, un Shrek à la coiffure improbable : une mise en plis d'un bon mètre de diamètre. Bonjour la laque tous les matins ! Maintenant, à 18 sur scène, c'est complet. Et ça déménage, chaud devant : un laridé cosmique. À moins que ça ne soit comique ? Non, bon sang mais c'est bien sûr : c'est la fanfare d'Émir Kusturika qu'a pété les plombs ! Tout l'évêché s'est mis debout, ça valait le coup : un reggae destroy-nucléaire. Franchement, le bagad est pas mal déchiré, il a dû mettre les doigts dans la prise en triphasé. Ah, tiens ? Il y en a un en couche-culotte ? À moins que ça ne soit un lutteur de gouren qui s'est gouré de costume avec celui du sumotori ? Bon, glissons, il sort sa bombarde et c'est torride. Déchaînés, dégondés, dégivrés, ils sont parfaitement déjantés. Place à un numéro de danse extrêmement raffiné, on n'ose pas raconter : c'est quand même assez n'importe quoi. Nouveau morceau : « Makin'funky » ? À moins que ça ne soit « Mais qui font qui » ? Et ce qui est superbe, c'est que tout le monde arbore un grand sourire : ce concert est jubilatoire. Décomplexés et rigolards, les auditeurs sont de plus en plus nombreux à danser. À la batterie : « Le batteur ! » Yes... Applaudissements de la foule. « Gardez votre calme ! réplique le saxo. Et merci de ne pas être allés voir Johnny !... » Enfin le moment tant attendu : « De la musique bretonne ! » Yes... tout le monde attend. « Couin ! » Bon, on n'est pas déçus, mais « Tréboul va pouvoir prendre sa revanche sur Douarnenez... » Nouvel hommage : un reggae dédié à « Bernard Hinault. Légalisez tous les blaireaux du monde ! » (NDLR : on cite strictement). Le morceau est superbe : une combinaison cyclo-fonke « pour soul cyclotouriste. Il faut saler la soupe ! » Mais, hélas, elle est « contrôlée radioactive... » Sniff, triste fin pour un blaireau... Enfin, il y a quand même eu trois rappels. Et vous savez quoi ? Le plus drôle dans tout ça, c'est qu'en plus d'être franchement comiques... ils jouent drôlement bien ! Christophe VIOLETTE. |
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