| Comment
de jeunes, beaux (et pauvres, mais cela va de soit) sonneurs sont-ils
devenus les adulés musiciens des Trompettes du Mozambique,
cette saga se propose de vous le raconter. |
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Kleg
1995 |
| Un
beau jour de février 1996, Bruno, un robuste et jovial cabaretier
du petit village de Saint Laurent sur Oust, vacilla, comme s'il avait
ingurgité à lui seul le contenu des demis, sérieux
et formidables qu'il servait à ses clients assoiffés
: il venait d'être frappé par le Théodore Botrel
Spirit, sa vie ne serait plus la même après cette rencontre
(mais il ne le savait pas encore!). |
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Ergué-Gabéric
1997 |
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Ergué-Gabéric
1997 |
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| " Pour
réjouir tes fidèles hôtes à l'heure de
l'apéritif, recrute une bande de joyeux drilles capables de
t'interpréter à la bombarde les subtiles mélopées
entendues sur les stations radiophoniques. N'hésite pas à leur
adjoindre un joueur de tambour pour marquer la cadence. Au cas où tes
amis, les Traînes-Meuriennes, s'attarderaient chez toi, prévois
un vigoureux gaillard qui viendra sur ces notes cristallines leur
enseigner l'art du sumo ! " |
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Tof
Filage, Le Pirate, Mc Sauteur |
| Bruno était
perplexe, comment pourrait-il trouver de tels énergumènes
? Sur les conseils du tallabarder Hervé Le Lu, un garçon
carrément chaud, il s'adressa à un jeune barde de Ploëmel
ayant fait toutes ses classes avec l'illustre Dédé Le
Meut, et se distinguant dans tout le canton de Carnac par ses sauts
inspirés du pays Pourlet mais longuement travaillés
au Teuchtal, un haut lieu de la culture locale : Yann ne savait pas
encore qu'il deviendrait MC Sauteur, redoutable chef d'une bande
non moins redoutable... |
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MC
Sauteur |
| Le
blondinet fut enthousiasmé par le projet, lui qui avait usé ses
fonds de culotte à la rude école de la Kevrenn Alre
et rêvait de monter une fanfare de rue. Il en parla à l'un
de ses séides, Tof'Filage, lequel avait l'ambition de devenir
un soldat de l'ouïe et à un autre galapiat, Bon Jésus,
lequel avait mal digéré un voyage dans les grottes
sacrées du Portugal : Bon Jésus vivait au Sud de la
Bretagne, si au sud qu'il se croyait vendéen ! |
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| Les
bombardes étaient trouvées, il fallait le tambour :
Gaël, le jeune frère de Yann, fut celui-là, attiré qu'il était
par la vie trépidante de son aîné. Manquait le
sumotori, espèce relativement rare sur ces terres de gouren
! MC Sauteur prit son bâton de pèlerin, monta jusqu'à la
bonne ville de Quimper et s'en alla trouver un colosse de ses amis,
l'illustrissime Lanig Fauchu, champion de flipper toutes catégories
et spécialiste de la Fauchette, mouvement gymnique dont il
avait inventé les esthétiques enchaînements. |
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| Lanig était
issu d'une grande famille de cyclistes quimpérois, mais son
physique impressionnant le prédisposait à des joutes
plus viriles : c'est ainsi qu'il avait modelé son corps, grâce à un
régime alimentaire très strict, et qu'il avait pu pratiquer
le sport divin des Japonais. Accessoirement, le mastodonte jouait
du piano, debout. |
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Rom-G
et Gildwenn |
| Les
cinq compères se trouvèrent trois amis qui préféraient
souffler dans les cuivres que les astiquer, et voilà la joyeuse
bande partie pour le petit village de Saint Laurent. Le facétieux
Bruno avait jugé bon de les présenter sous le nom de
Trompettes du Mozambique, histoire d'alerter le public sur le côté exotique
de leur musique (dans les années qui suivirent à Saint
Laurent, les Trompettes furent également les Guimbardes du
Laos, les Tubas du Guatemala, les Triangles du Bermude, les Flageolets
du Beaujolais). |
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Rom-G
et Yannick Yann |
| Malgré un
répertoire qui ne comptait que trois morceaux répétés
inlassablement pendant une heure, les huit compagnons intriguèrent,
amusèrent, réjouirent leur auditoire : Saint-Laurent
devint la Mecque des Trompettes, ils se devaient désormais
d'y accomplir des pèlerinages réguliers ... |
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Le
pirate et Yun Fung Lee |
| Dans
les semaines qui suivirent, les Trompettes s'étaient trouvé de
nouveaux compères, tous audacieux adeptes de la trompette
en bois : l'énigmatique Yun Fung Lee, jeune Pornichetin qu'une
overdose de bidule avait définitivement jeté dans la
méditation transcendantale, le pachydermique Yann l'Eléphant
dont les barrissements à la bombarde avaient surpris tous
les gens vivant sur la route allant d'Orléans à Locoal-Mendon,
Gaël le Pirate, qui, à défaut de courir les mers, écumait
la région de Rennes ainsi que le mentor de MC Sauteur, le
teutonique Vater Matilin, grand amateur de légos. Une jeune
clarinettiste, Gaëlle apporta un peu de tempérance à cette
horde bombardée. |
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Mc
sauteur, Rom-G Yannick Yann et Yun Fung Lee |
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Yannick
Yann, Gildwenn, Nounours et Bon Jez |
| Peu
de temps après, la bande infernale fut conviée pour
Ici première fois à Kleg, au mois de mai. Une semaine
avant leur entrée en scène, les garçons s'aperçurent
qu'il leur fallait un instrument grave pour adoucir les sons mélodieux
certes, mais également fort puissants de leurs bombardes.
N'ayant pas trouvé. de tuba, les Trompettes durent se satisfaire
d'une basse électrique, laquelle appartenait à un biniawer
qui refusait de s'en séparer. Mal lui en prit, car en rentrant
dans cette secte, le pauvre en perdit son prénom : il ne fut
plus appelé que Serge! |
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Serge |
| Les
Trompettes décidèrent de se noircir le visage, justifiant
ainsi l'aspect tribal que prenait leur musique. Ils voulurent aussi
offrir à leurs fans déchaînés des objets
splendides que ceux-ci placeraient sans aucun doute dans de jolies
vitrines éclairées. Un tel cocktail surprit, puis ravit
le public qui vint nombreux, intrigué qu'il était par
cette équipe bondissante ... |
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| Au
mois de septembre de la même année, Gaël le tambour
décréta qu'il s'amuserait davantage avec une guitare électrique,
pour peu qu'on lui laisse l'autorisation d'utiliser ses effets en
toute liberté : Gaël la Fée, ou dans sa version
plus tonique Destroy Gaël, devait révolutionner le jeu
de guitare ... |
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D-Stroy
Gaël |
| Pour
le remplacer, les Trompettes n'avaient pas le choix : il leur fallait
Le Batteur. Celui-ci, qui avait vécu quelques aventures musicales
avec Serge, accepta de les rejoindre et insista même pour qu'on
l'appelle Jacques ! Au même moment arrivèrent deux autres
figures des Trompettes, le sémillant Yannick Yan, saxophoniste
résolument funky qui commençait également sa
carrière de Monsieur Loyal, ainsi que le tromboniste Jérôme
Barthez, qui devint le dernier rempart des Trompettes. |
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Le
Batteur |
Rom-G |
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| Les
Trompettes, invitées au Fest-Noz System de Nantes, y enregistrèrent
une cassette vidéo . Ron', jeune frère de Yun Fung
Lee, et Pierrot Fauchu, frère aîné de Lanig et
lui-même légende vivante du pays Glazik, y firent admirer
leurs talents de danseurs et de joueurs de cornemuse. C'est à cette
occasion que les Trompettes firent la rencontre d'un trio qui s'auto-déclarait
le plus mauvais groupe du Monde, et qui s'employait à défendre
ce titre, le Cri du Crû |
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Serge,
Bon Jez, Yun Fung Lee, Le Pirate, MC Sauteur, D-Stroy Gaël |
| Peu
de temps après, un jeune plantigrade du nom de Nounours, émérite
trompettiste (il possédait en effet une vraie trompette),
rejoignit la joyeuse équipe, profitant de ses relations intimes
avec le mirifique Yannick Yann et d'une nette ressemblance avec l'un
des Jackson Five. Le bougre avait quelques expériences en
tant que DJ, ce qui ne pouvait que séduire les Trompettes
qui commençaient depuis quelque temps à se réunir
dans un lieu qui allait devenir mythique, le célèbre
mais mystérieux Youn Koun Koun, pour écouter des petites
merveilles de quarante-cinq tours datant des années soixante à quatre-vingts. |
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Nounours,
Rom-G et Yannick Yann |
| L'arrivée
de Nounours contribua fortement à convaincre les Trompettes
qu'ils avaient tous été conçus des amours illicites
d'une bigoudène et de Maceo Parker, ce qui ne manqua pas de
les troubler profondément, et devait marquer pour longtemps
ces charmants mais influençables jeunes garçons. A
cette période, Olier, grand Maître du Son, commença à pousser
régulièrement le master pour la Tribu qui s'était
agrandie avec le sonneur Dadou, un garçon qui avait déjà connu
des heures de gloire en engloutissant des camemberts entiers en une
seule bouchée. |
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Bon
Jez, Yun Fung Lee, Vater, Le Pirate |
| Bien
entendu, les nouvelles recrues furent amenées en pèlerinage
(quoique ce terme choquât quelque peu Serge) à Saint-Laurent
puis à Kleg. Ces petites escapades dominicales soudèrent
l'équipe qui voyait le nombre de ses aficionados grandir :
cet été-là, les Trompettes osèrent sortir
tout près de leurs bases, aux Renc'Arts de Pornichet, organisés
par un fumeur de havane, du nom de Gérard Boucard. Mieux,
on les vit rencontrer sous une pluie battante la joyeuse population
douarneniste, qui laissa évidemment à ces jeunes éphèbes
un souvenir particulièrement agréable. |
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Rom-G
et Yannick Yann |
| A
l'automne 1997, sous les conseils de Vater Matilin, arriva celui
qui devait concurrencer Yannick Yan dans son opération de
charme sur le public féminin des Mozambicains ; Gildwen, le
Prince Blanc, profitait comme son camarade de sa position de saxophoniste...
De plus, le svelte Pontivyien bénéficiait d'une solide
réputation de danseur Pourlet, acquise grâce à son
père, danseur émérite de la Kevrenn Alre. La
même année apparut, en ligne directe de Montpellier
via Rennes, un autre saxophoniste, Vivieng, dont la perruque devait
hanter pour longtemps les mémoires du public des Trompettes. |
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| Gildwenn |
Yannick
Yann |
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| De
temps en temps, Lanig, qui poursuivait ses recherches sur les civilisations
de l'Asie, délaissait parfois ses petits camarades pour se
livrer aux vibrations indo-pakistanaises du groupe Pandip. Pour le
remplacer dans ces occasions, les Trompettes firent appel au magnifique
Olivier les Doigts de Fée : celui-ci finit par jouer en duo
avec le sumotori à l'orgue Hammond, l'élégance
de ses costumes tranchant avec les tenues affriolantes du jeune Quimpérois. |
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| En
cette année 1998, la France découvrit ses champions
du Monde de football et les Trompettes les côtes du Finistère
Nord, alternant les mercredis de Morlaix avec les mardis de Morgat
tout en passant par les jeudis du port de Brest à ne pas confondre
avec les samedis du porc de Milizac. |
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Brass
section |
| A
l'automne 1998 (décidément les Trompettes aimaient
le changement à cette période de l'année), le
bel Alexandre Lizarazu signait un des gros transferts de l'année
en venant renforcer une section de cuivres que quittait Vivieng,
appelé à de nouvelles expériences musicales
en la bonne ville de Paris. Un autre jouvenceau, spécialiste
en chauffage formé à la rude école de Bannalec,
rejoignit la cohorte des bombardes à trous parfois délaissée
par Bon Jésus et Tof'Filage : le trépidant Tombeur
alias la Chaudière venait imposer sa subtilité exacerbée
aux groupies pressées contre la scène. |
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Bon
Jez |
Serge |
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| Au
début de l'année 1999, les Trompettes firent leur révolution
culturelle : désireux de revenir aux sources de la civilisation
bretonne, ils décidèrent que leur musique s'inspirerait
désormais d'un des héros de leur beau pays ensoleillé.
Qui d'autre que Bernard Hinault pouvait symboliser à leurs
yeux la fierté légitime d'appartenir à cette
contrée de légendes qui avait même vu naître
un poète aussi apprécié que Théodore
Botrel. Le Blaireau devait donc guider les pas des Trompettes qui,
quoique ne reniant en rien le Mozambique, ne s'en rapprochèrent
pas moins d'Yffiniac. |
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Rom-G,
Bernard le Blaireau et Yannick Yann |
C'est à Saint-Laurent
que le public put découvrir les nouvelles orientations philosophiques
de la joyeuse confrérie : les Traîne-Meuriennes, chanteurs
du crû et, de par leur carrure rivaux de Lanig dans d'amicales
compétitions de sumo, tinrent même à participer à l'aventure,
n'hésitant pas à enfourcher leurs bicyclettes, parés
des maillots qui avaient marqué la carrière du vigoureux
Costarmoricain. En ce jour de mars, pour la première fois,
apparut Bernard le Blaireau, tout de jaune vêtu et le poil
pas encore sali par les étapes harassantes qui devaient lui être
ensuite proposées.
En 1999, les Trompettes exportèrent leurs délires à l'étranger
: non contents d'apporter leur bonne parole en Vendée, ils allèrent
jusqu'à Pontardawe, petite cité galloise où Bernard
rencontra la lapine Bernadette : un petit Bernardino revint avec ses parents à Pornichet.
Pour ces campagnes loin de leurs bases, les Trompettes s'assurèrent
les services d'un gentil guitariste, le docteur Knorst, alias Professeur
Saturax, lequel séduit par la fraîcheur de ses petits amis,
décida de rejoindre la fine équipe. Pour la première
fois, le groupe fut distingué pour l'ensemble de son uvre
par le Ranou Noz'Amis du Bagad de Saint-Nazaire. |
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Monsieur
Bobot et son chorus |
La
vie avait changé pour Bernard qui se devait de présenter à son
rejeton ce qui se faisait de mieux en Bretagne au niveau de l'improvisation à la
bombarde : les Trompettes supplièrent le Ranou d'Or, le légendaire
Monsieur Bobot, spécialiste incontestable du chorus, de les
rejoindre... Chacun resta admiratif devant son talent, et tous, Yun
Fung Lee en tête, voulurent absolument l'imiter du mieux possible.
La renommée que le groupe avait particulièrement prise avec
Monsieur Bobot attira un nouveau champion d'Europe en la personne du musculeux
et néanmoins trompettiste Patrick Petit, lequel devait former avec
ses amis Jérôme et Alexandre, une solide charnière
centrale permettant aux Trompettes d'affronter les situations les plus
périlleuses. |
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Yun
Fung Lee |
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Dernière
année du siècle, 2000 offrit l'occasion aux Trompettes
d'être invitées dans deux festivals mythiques de la
Bretagne, eux qui, pour la plupart, les avaient fréquentés
dans leurs beaux costumes de bagadoù : Quimper et Lorient
firent un accueil enthousiaste au groupe mozambicains. Ces charmants
garçons se sentaient prêts pour de nouvelles aventures,
d'autant plus que Fred l'Éclair et Yoyo le petit rougeaud
(mais grand Ranou d'Argent) venaient à leur tour d'entrer
dans la bande ... |
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A la
fin de l'année 2000, le jeune Pierre, compère du sémillant
Yoyo vint rejoindre les p'tits gars du Mozambique : encore un garçon
qui allait tester ses talents de tallabarder au sein de la fine équipe
!
Le baptême du feu eut lieu à la Gacilly où, au terme
d'une soirée qui avait fort bien démarré, un ignoble
individu profita sournoisement du noir total fait sur la scène pour
kidnapper Bernard et Bernardo !!! |
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Les
Trompettes, d'abord incrédules, bientôt interloquées
puis complètement atterrées, se mirent à lancer
des appels à la sono, à tourner dans la salle, telles
des abeilles qui auraient confondu le nectar d'une rose avec le fond
du demi de Lanig (bien que celui-ci se trouvait généralement
méticuleusement nettoyé) : les jouvenceaux questionnaient
toutes les personnes qu'elles rencontraient, suscitant l'émotion
des organisateurs et d'un public qui se promettaient de rechercher
activement le vil malfaiteur qui avait osé s'attaquer à Bernard,
lequel n'avait pour défendre sa dignité outragée
que son courage insufflé par les lectures répétées
de passages de la vie du divin Bernard Hinault ...
Enfin, après trois quarts d'heure d'une quête fiévreuse,
Bernard fut rendu à l'affection des siens, ainsi que Bernardo qui
put s'échapper des griffes du félon, mais un peu plus tard.
(Retrouvez plus loin, le récit par Bernard himself de ces malheureuses
péripéties).
Les Trompettes célébrèrent dignement ces retours miraculeux
et décidèrent sur le champ d'engager des gardes du corps
spécialement affectés à la sécurité de
Bernard : Aziz et Daniel entraient à leur tour dans la grande communauté spirituelle
de Théodore Botrel ... |
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Les
Trompettes devaient rencontrer quelques mois plus tard l'auteur du
forfait, qui se confondit alors en plates excuses , excuses que Bernard,
dans sa grande magnanimité, acceptait avec la générosité qui
en avait fait, déjà, un personnage incontournable du
Breiz Spirit.
En ce début de vingt-et-unième siècle, les Trompettes,
soucieuses de se remettre des émotions de la fin de l'année,
suivirent l'exemple de leur mentor Bernard et se réfugièrent
dans leurs terriers respectifs pendant tout l'hiver, et même une
bonne partie du printemps ...
Au joli mois de mai de l'année 2001, Bernard décida d'emmener
ses amis toujours à l'affût de nouvelles sensations, à la
découverte de nouvelles contrées. |
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Ordiarp,
son bourg, son Patxaran |
Tout
d'abord, les Mozambicains partirent, sous la conduite de Mr et Mme
Cautru, découvrir les merveilleuses vertus du "Patxaran",
breuvage proposé par leurs généreux amis d'Ordriap
au Pays Basque : les garçons tombèrent sous le charme
de la divine boisson et de l'accueil de leurs hôtes, et se
promirent de revenir en ces lieux enchanteurs ...
La semaine suivante, la fine équipe, drivée par le jeune
Marcel, se rendit, en compagnie du Quartet Pennec, au Havre. Yoyo et Pierrot
y reçurent une belle ovation, eux qui avaient quitté cette
cité qui les avait vus naître, pour parcourir le vaste monde à la
recherche de leur bretonnitude : pour l'occasion, la pétulante Rachel
officiait aux claviers et découvrit, comme ses nice friends, la
spécialité locale, la galette complète à deux
ingrédients ! |
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"L'éternel
n'a d'équivoque que le sensationnel." Yoyo et Pierrot
en pélerinage au Havre |
L'été suivant
vit de nouveaux compagnons intégrer la joyeuse bande.
Jean-Louis et Guirec ( parfois Yves) vinrent se rajouter au staff technique.
Fidèle disciple du mythique Dédé Le Meut, Benoît,
jeune jouvenceau de Plouharnel, ramena une touche africaine avec sa bombarde
sénégalo-kas-a-barhienne tandis que le polyinstrumentiste
Fabien faisait entrer oud et percussions dans l'univers sonore déjà bariolé des
Trompettes ... |
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Benoît,
fils des menhirs |
| Pendant
l'été 2001, le groupe se déplaça par
monts et par vaux, en Bretagne et même au dehors, ce qui permit à Bernard
de poser avec de nombreuses vedettes du show-bizz. Amené par
Bon Jez, qui jouait avec les toniques déménageurs de
l'Occidentale de Fanfare à Carhaix, Bernard rencontra Maceo
Parker et bien d'autres ... L'émotion qu'il ressentit alors
fut telle, qu'il en oublia de surveiller son rejeton, lequel disparut
afin de mener une nouvelle vie, éloignée des strass
et paillettes qui avaient éclairé ses premiers jours
! |
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| Bernard
et Maceo Parker à Carhaix |
| Cet été-là,
Roland, un jeune journaliste rennais, accompagna les Mozambicains
dans leur quête incessante du Théodore Botrel Spirit
et tourna de pittoresques images racontant quelques tranches de leur
vie tumultueuse. |
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| Roland
et Bernard, une passion déchirante |
| Au
mois de décembre, l'aimable reporter fit un cadeau magnifique à ces
jeunes garçons encore tendres : les Trompettes connurent la
joie infime de rencontrer leur idole adulée, le légendaire
Bernard Hinault, qui leur offrit le café dans sa propre cuisine
! Une photographie scella pour l'éternité la rencontre
historique entre les deux Bernard, suscitant l'émotion de
toute l'assistance ... |
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| Bernard,
Bernard et les autres |
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